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Bruce Lee
(par delà le dopage)
karate phenomenon
A l'âge de 13 ans, le jeune
Bruce s'engage à recevoir
l'enseignement des arts
martiaux dispensé par
maître Yip Man. Ce gardien de
la tradition transige avec la
réalité des mutations
sociologiques en cours. Pour
survivre, il a dû adapter
l'élitisme ancien en
démocratisant son enseignement
désormais ouvert au public à
Hong Kong. Cette forme de
modernisation développe la
souplesse d'esprit de Bruce
Lee.
Pourtant, Bruce a été imprégné
des concepts du Confucianisme
(loyauté, respect, piété
filiale) et du Taoïsme
(harmonie avec le Tao,
principe du Yin et du Yang).
Ces valeurs se percevaient
comme l'essence identitaire
d'une Chine traditionnelle
encore établie dans les
enclaves de Hong Kong et de
Taïwan.
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[notions ex I.A. Gemini]
- Naissance de Bruce à San
Francisco (USA) en 1940, pendant une
tournée de son père ressortissant
chinois (et star de l'Opéra
cantonnais)
- une telle circonstance octroie
d'office la nationalité américaine
à l'enfant
- Premier séjour à Hong Kong
(1941-1959) : Le père, avec sa femme
et le bébé de 4 mois, revient à Hong
Kong.
- dès l'âge de 7 ans, Bruce s'initie
au Tai-chi
- à 13 ans, il commence le Wing
Chun avec Yip Man
Nota :
parallèlement, il devient un enfant
acteur prolifique avec une vingtaine de
films à thème de réalisme social à son
actif.
- Période américaine (1959-1971) :
en tant que natif américain muni
d'un passeport, il part aux USA à l'âge de 18
ans pour préserver sa nationalité et
s'éloigner de la turbulence des rues
- pendant 12 ans, il étudie la
philosophie et ouvre ses écoles
d'arts martiaux
- le système hollywoodien lui
offrait des rôles secondaires ou
des participations télévisées en
des productions à grand audit
public ("Kato" dans "Le
Frelon Vert")
- il travaille aussi comme
chorégraphe pour des mises en
scène de combat
- La retrouvaille (1971-1973) : Il
revient à Hong Kong à 31 ans
- ce retour lance la "machine
productive" à plein régime avec
une succession de succès mondiaux
("The Big Boss", "La Fureur de
vaincre"...)
- juste après "Opération Dragon"
(1972-1973) il meurt brutalement
en 1973, laissant son œuvre
ultime, "Le Jeu de la mort",
inachevée
[/notions]
A
33 ans, Bruce Lee décéda à Hong Kong. En
ce temps de 1973, la mégapole se perçoit
comme sanctuaire des narcotiques nimbé
de polémique (guerre du Vietnam).
Pour
le cas Lee, on situe mal le croisement
entre le rendement combatif et la
drogue, mais cette approche se présente
au seuil du simple dopage initial, ce
péché mignon ayant cours lors des
challenges sportifs, toute discipline
confondue...
L’entraînement
physique et la spécialisation au karaté
posent les fondations d'une carrière...
Dans le contexte général de cette
discipline la performance de Bruce Lee
persiste et reste exceptionnelle. Quand
on assiste au phénomène de l'exception
on en sonde les arcanes...
De premier abord, le recordman
s’appuyait sur la consommation
rigoureuse de compléments
alimentaires, incluant des protéines, la
vitamine C, la vitamine E et de l'huile
de germe de blé pour favoriser ses
performances. En contre-mesure à
la fatigue due aux entraînements de 8
heures par jour, la gelée royale et le
ginseng pourvoyaient à la maintenance du
système endocrinien fortement sollicité.
Lors
de ses démonstrations IRL aux
championnats de Long Beach en 1964 et
1967, la rapidité de la gestuelle
d'action posait problème aux caméras de
l'époque qui filmaient à 24 images par
seconde. Ensuite, plus tard, certaines
démonstrations d'attaque à vitesse V′
(vitesse Vprime) font
poindre, chez l'observateur averti, une
intuition "narco-centriste". Cela
ressemble au micro-dosage de certaines substances (speedball ou équivalant)
Cette idée s'étaye avec
le décès survenu jeune...
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Rush
: l'auteur de la prestation
assure une rapidité fulgurante
toute sereine... Lee devance
les mouvements de
l'adversaire. Il "fait"
le combat entre lui et
l'autre.
Avec l'hypothèse du dopage
sur des années, puis la drogue
en crescendo, la pratique
sportive hausse une sorte
d'entendement que nous avons
du mal à capter. Il s'agit du
don de soi au nom de la
performance.
click
/ tap sur l'image pour
stopper le
massacre>>>
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En
effet, dans la biographie apparaît une
consommation de cocaïne liée au
processus créatif cinématographique et à
la gestion du stress professionnel. On
ne révèle donc pas ouvertement la
molécule stimulante pour la recherche de
performance martiale... Néanmoins, par
des motivations avouées ou non, le
croisement existentiel avec la drogue
s'accomplit.
Un
usager de cocaïne inhale une poudre
blanche dont les effets collatéraux
typiques se reportent au faciès, au
niveau nasal. Il n'existe pourtant aucun
témoignage de l'époque faisant état de
"nez qui coule" ou de reniflements
chroniques sur les plateaux de tournage.
Le karatéka fondait la réputation de ses
cris iconiques ("les cris qui tuent")
sur une discipline respiratoire
rigoureuse, et en ce cas une congestion
nasale imposerait un handicap majeur.
La
voie d'administration de la cocaïne,
lors des sixties / début seventies,
passait plutôt par l'intraveineuse, mais
aucune trace de piqûre ne se remarque
sur les bras, le corps, de cette
personnalité mise à l'affiche.
L'ingestion
orale sous forme de shakes protéinés
(très épais et riches en saveurs) semble
donc la plus cohérente. Lee pouvait
ainsi masquer le goût amer de la cocaïne
pure et contrôler une diffusion lente
dans le système sanguin, évitant les
pics brutaux et les descentes trop
visibles. De plus, cette pratique
s'aligne sur des habitudes en cours avec
le cannabis. D'ailleurs, l'année 1970
établit clairement le haschisch quand on
augura une paralysie pour cause de
blessure grave au dos. Avec des haltères
de 60 kg sur les épaules,
l'athlète se blesse gravement aux
quatrièmes nerfs issus du sacrum. Mais
pour continuer à s'entraîner avec la
même fureur, le recordman mise sur des
analgésiques puissants ainsi que le
cannabis. Lee ingérait notamment du
haschisch népalais sous forme de
brownies car il évitait de fumer pour
garder de l'allant.
En
épilogue, une prise d'Equagesic fatale
spécifie l'autopsie de Bruce Lee. Le
décès ne résulte pourtant pas d'une
overdose narcotique mais d'un œdème
cérébral gonflé d'eau... D'abord rétif
aux drogues dans les années 60, Bruce
Lee aborda l'usage de cannabis de
manière médicinale pour relaxer ses
muscles et soulager ses douleurs
dorsales chroniques. Cet usage devint
quotidien au début des années 70. Or le
hasch cela donne soif ! Le problème de
fond se développe par une insuffisance
rénale retenant l'eau en surcharge dans
le sang (hyponatrémie). Le médicament
pris en juillet 1973 n'a donc été que le
facteur aggravant d'une situation déjà
irrémédiable lors de la
réalisation du film "Enter the Dragon" fr:
"Opération Dragon" (1972-1973).
L'hypothèse "narco-centriste" établit le
schéma suivant pour la carrière du
champion martial: afin de maintenir une
performance toujours égale sur une suite
d'années, Bruce Lee aborda le dopage en
relais à la "conduite dopante" (càd
ritualisation d'une consommation
quotidienne de pilules, poudres ou
injections de vitamines licites). Ceci
lui permit de rester égal à lui-même
lors des épreuves. Ainsi,
progressivement et toujours pour
maintenir des résultats au top, les
micro-dosages narcotiques s'enchaînèrent
au dopage, mais on arrive en 1973 et
malgré les palmarès, le "potentiel
tonus" se trouve épuisé. Augmenter les
doses ne remédie plus rien quand la
nature humaine n'a plus de "capital
santé" à céder aux drogues. Le décès
lègue la priorité au nec plus ultra
!
En
conclusion: la prédisposition au combat
révèle une exception prédatrice en
amorce d'une carrière. Au fil des ans,
l'exception se maintint par forcing
thérapeutique. Aujourd'hui une telle
auto-médication focaliserait l'attention
de toutes les agences antidopage. Mais
pas lors des sixties et seventies... De
ce fait, Bruce Lee garde une renommée de
prédateur mythique. La plupart des
combattants trahissent leurs intentions
par une micro-contraction ou un
changement de regard juste avant de
frapper. Chez Lee, le for intérieur
était si calme que le coup partait sans
aucun signe avant-coureur. Envers et
contre tout, une telle présence
hypnotique révèle un prédateur.