mon vrai nom
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L'air et l'eau
(spéculation sur les drogues oniriques)
Les responsabilités des édiles résident en une paranoïa pour l'eau de distribution par exemple... Une civilisation respecte l'eau potable. Sachant que le circuit de distribution présente des vulnérabilités propices aux mauvaises intentions, une civilisation moderne impose des contrôles garantissant la qualité des eaux.
L'air occupe autant les responsabilités. Celui-ci devient vecteur de propagation selon les conditions environnementales (pollen, pollutions). Mais la diffusion préméditée de gaz incapacitant ou de bactéries édifie un scénario de l'extrême.
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Sans aller au pire, on peut nuancer l'usage de produits oniriques. Juste un zeste, de quoi optimiser une orientation politique à son avantage lors d'une campagne électorale... Du coup, une stratégie à effet d'ascendance spirituelle par le vecteur de l'air, de l'eau, devient une probabilité réelle en circonstances d'instabilité sociale... Lorsque on caricature un terrorisme psychédélique initié par des sbires opérant par contamination des éléments naturels avec du LSD-25, on façonne surtout une légende de rue. On construit un roman surréaliste dépeignant des communautés citoyennes hypnotisées et offertes à des conquérants potentiels prêts à imposer l’oppression et l'asservissement. Et pour stigmatiser la croyance populaire en une désorientation sociologique, on élabore les arguments établissant l'hypothèse du cas extrême dépeignant une multitude humaine déjantée en proie à la folie. Bref, un panorama de foule haut en couleur, plein d'extase et de terreur à la fois... et plein de sornettes pour perdre le jugement de l'interlocuteur à des fins de prévalence autoritaire protectionniste. En effet, des scènes publiques de turbulence anarchique se fonderaient sur des dosages élevés de diéthylamide de l'acide lysergique (alias LSD-25). Trop difficile à mettre en œuvre, trop flagrant... Mais on ne parle jamais de la possibilité de dosages ténus. A la limite, le micro-dosage suscite des émotions plutôt positives qui pourraient même exister à l'état de sobriété... Sans se pâmer en des manifestations excessives on en devient néanmoins réceptif à toute influence émanant d'un message porté par le discours politique. Ainsi on ne parle jamais de la nuance entre le fin micro-dosage et les hallucinations collectives que procurent les doses de cheval ! On associe de façon lacunaire le LSD-25 à une arme chimique incapacitante. Or voici que, lors des deux premières décades du IIIme Millenium, les métaphores allégoriques divines et guerrières défrayant la presse ont attiré le regard du Monde parce que elles semblaient générées par l'influence d'un principe favorisant le fanatisme.
Techniquement moins de 20 ùg de LSD-25 suffisent pour agir sur le cerveau, optimiser le réel... Sans turbulence anarchique de masse, les dosages ténus suscitent une transcendance idéologique. Il faut savoir aussi que le LSD-25 est inodore, sans saveur et soluble, donc facilement miscible à l'eau de distribution d'une ville en période électorale par exemple. Par contre le "frère jumeau" du LSD-25 se dénomme Psilocybine. On le mentionnera comme point de repère et de comparaison. Sa forme chimique de synthèse s'inspire des champignons hallucinogènes. La psilocybine procure des effets psycho-actifs à l'instar du LSD-25 . Cela place la psilo en concurrence avec le LSD-25 pour fournir une explication à cet état d'esprit enfiévré générant une forme de patriotisme idéalisé comme un panorama cinémascope. On en fera le support propagandiste, militariste avec un soupçon de xénophobie pour la recette des slogans de conquête en période électorale... Ceci tout à la faveur des partis d'extrême-droite dans certains pays. Par objectivité on doit dire qu'il faudrait bien plus de psilo dans l'eau de distribution que de LSD-25. Si ce dernier élargit le champ visionnaire déjà avec moins de 20 µg, et bien pour le même effet il faudrait 5 milligrammes de psilo. Précisons aussi que la chaleur désintègre le LSD-25 à 85° Celsius, et la psilo à 128° Celsius.
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Depuis lors, l'invention du chimiste suisse Hoffman aura fait du chemin. Les hippies l'impliquaient en événement ouvert lors des sixties. Depuis la Restriction, des méthodes et des moyens passèrent à l'usage discret des sphères de l'arbitraire. Pour les cas d'actualité proche, la seule certitude d'observation se pose sur l'effet final d'un produit psycho-actif caractérisant l'attitude d'une foule appliquée, préoccupée à se porter aux nues. Par contre, l'intendance, le mode de diffusion du produit, demeure un sujet de prospection méditative... Si par le passé l'ingestion volontaire faisait une scène poeple, il n'en sera pas question actuellement.
Dans plusieurs pays, le trip messianique nationaliste et religieux ouvre sa voie par les métaphores subliminales suggérant le combat au service du divin, avec des actes posés dans le réel. Se référer aux destructions de trésors inscrits à l'UNESCO (Talibans, Etat Islamique...). Mais sans en rester là, des réalisations supplantent en surenchère tout le reste par la construction d'architectures mégalomanes.
L'un ou l'autre chef d'état instaure une gouvernance dictatoriale par suppression de la séparation des pouvoirs et relaie une envergure immatérielle de protection des croyants dans le Monde... On perçoit un idéal super panoramique hérité d' Empire révolu. Des cérémonies ont célébré des avènements anciens mis en fanfare... L'évocation, entre autres discours, de la conquête vise le mécréant... Des phrases emphatiques à vocation sacrée enluminent un discours enfiévré: "Ce que dit mon Dieu, ce que dit mon cher prophète, nous irons dans cette voie." (Turquie), etc... etc...
On voit là le beau spectre du LSD-25 tout simplement. Comment s'y tromper? Du coup la circonstance historique passe ici au second plan, et la considération psycho-active prend une nouvelle importance toute dévolue au thème présent de la thèse "narco-centriste".