La lyre du romantisme fanatique extrémiste

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  • En façade et en tout : une Représentation identitaire

    (le style Néo-Andin)

En Bolivie, la mosaïque nationale de 11 millions de citoyens comprend pour une part de 32 % les communautés autochtones de la région des Andes.

Deux capitales, La Paz et Sucre, avec des fonctions bien distinctes, évoquent un état de droit adapté à la réalité.

  • Sucre : officialisée dans la Constitution bolivienne et historiquement de tendance politique conservatrice. La ville détient une légitimité inscrite dans les fondements nationaux.
    • berceau de l'indépendance (1825)
    • siège du pouvoir judiciaire (Cour suprême)
    • capitale historique
    • Nota: la présence Quechua avoisine le centre historique de Sucre marqué par un héritage colonial espagnol très formel


  • La Paz : à l'issue de la guerre civile de 1899, les libéraux déplacèrent le pôle du pouvoir politique dédoublant ainsi une légitimé. La Paz se particularise comme centre de décision effectif.
    • siège du gouvernement
    • capitale administrative
      1. pouvoir exécutif (présidence)
      2. pouvoir législatif (parlement)
    • accueille la majorité des ambassades
    • Nota: sur l'Altiplano andin (haut-plateau andin), la région de La Paz est le cœur historique et démographique du peuple Aymara

le "bombin" : coiffe emblèmatique de la cholita (Aymara ou Quechua)

cholita.png

Copilot (Microsoft)

El Alto, faubourg de La Paz, acquiert une présence politique de poids par l'ascension sociale des Aymaras, surclassant même le centre métropolitain en terme de démographie. Ce fait trouve un reflet architectural caractéristique : le style néo-andin.
Les designs architecturaux de nouveaux bâtiments célèbrent la réussite économique et l'amour-propre du caractère Aymara après des siècles de marginalisation. Bien que perçu comme motion désavouant le passé colonial plutôt qu'un manifeste chamanique, le style néo-andin reprend toutefois le témoignage sacramentel des Andes.

Freddy Mamani réalise des architectures relatant la cosmologie andine. L'inspiration créatrice charpente des constructions sur modèle de formes géométriques et couleurs vives relayant la culture Aymara par les siècles... On y retrouve des représentations stylisées du condor, du puma et du serpent, ainsi que des fleurs locales. Un stéréotype actualise la croix andine ancestrale comme décoration visualisant le for intérieur de l'âme.
 
Des preuves archéologiques attestent de centres de pèlerinage pour tout le monde andin, où les initiés venaient vivre des expériences visionnaires. Sur des stèles de pierre on voit des prêtres à l'office avec le cactus Echinopsis Pachanoi catalogué comme pourvoyeur de mescaline. Ainsi en plusieurs localisations, mais toujours dans les pays andins, une iconographie pose les jalons spatio-temporels d'une tradition associée au cactus psychédélique. Les archéologues ont mis à jour des reliefs de coupes en forme de cactus destinées à la consommation de breuvage sacré. Les céramiques à tête humaine, avec les yeux dilatés, évoquent l'effet de la mescaline.

une modernisation des codes visuels ancestraux 

top

Freddy Mamani au top !

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1. Le foyer de la "Torche Bolivienne" 

Si le Pérou détient l'Echinopsis pachanoi (cactus San Pedro), la Bolivie est le sanctuaire de l'Echinopsis lageniformis (Huachuma) communément appelée la Torche Bolivienne

  • Ce cactus se prévaut d'une réputation pour sa robustesse et une concentration en alcaloïdes (mescaline) souvent supérieure à celle du San Pedro classique.

  • Dans la hiérarchie botanique et rituelle, la Bolivie se place donc moins tel un "satellite" du Pérou qu'un centre autonome possédant sa propre espèce endémique de référence. 

2. Le carrefour entre Andes et Amazonie

La Bolivie se distingue par un métissage rituel entre le haut-plateau aride et la forêt amazonienne tropicale et luxuriante :

  • Tiwanaku : Ce site archéologique majeur sur l'Altiplano (lac Titicaca) témoigne d'un usage millénaire de substances psychoactives (cactus et poudres à priser comme la Vilca) déjà bien avant l'Empire Inca.

  • Influence amazonienne : Contrairement au nord du Chili qui est très désertique, la Bolivie possède une vaste région amazonienne (Beni, Pando). On y observe une interpénétration du rituel Ayahuasca originaire de la jungle tropicale

3. Un usage plus "discret" et syncrétique

Contrairement au Pérou, qui exploite ses cérémonies à thème de cactus San Pedro comme attraction touristique, la Bolivie conserve une approche plus liée à la vie quotidienne et au syncrétisme :

  • Officialisation symbolique : Comme mentionné précédemment, l'architecture de Freddy Mamani à El Alto (avec plus de 120 bâtiments à son actif, et encore des dizaines disséminés...) puise dans cet imaginaire visuel "éclaté", mais il la réinvente pour une classe moyenne urbaine, là où d'autres pays le maintient souvent dans un cadre purement chamanique ou touristique.

  • Pharmacopée familiale et Paysanne : En médecine traditionnelle, le cactus est utilisé pour ses vertus antiseptiques, cicatrisantes et anti-inflammatoires.

  • Usage vétérinaire : Antiparasitaire administré aux animaux, ainsi que remède contre la fièvre aphteuse.

En résumé: dans les Andes boliviennes, les représentations psychédéliques détournent l'attention vers l'identité ethnique magistralement affichée sur les façades des "cholets" modernes. La pratique d'une tradition, stricto sensu, implique la sphère intra-communautaire (pas d'exploitation "New Age" ou touristique). Le statut de la tradition peut varier d'un pays andin à l'autre. Le cactus, parfois fort structuré au tourisme, peut aussi se situer en retrait de la scène rituelle au crédit de la médecine naturelle.


les rites andins (Aymara/Quechua) sont historiquement liés à la feuille de coca et au Huachuma

Bolivie
Pays Andins
  • addendum pour la Coca

    (une optique adaptée)

  • La Coca  : nota: développement quasi industriel
  • Les populations de haute altitude la consomment pour combattre le mal des montagnes, mais elle est cultivée en contrebas. La culture se situe dans deux bassins majeurs au climat subtropical humide typique des zones de transition entre la montagne et la forêt tropicale (alt: 500/2000 m)

    • 1) les Yungas (versants orientaux des Andes) de La Paz : c'est la zone "traditionnelle"
    • 2) le Chapare (Centre) : région de production intensive
    • vitesse de rendement : 3 ou 4 récoltes par an
    • Remarque = revenus rapides. A titre de comparaison le caféier nécessite plusieurs années avant une récolte initiale, ensuite 1 à 2 récoltes / an.

  • Le San Pedro / Huachuma  : nota: il n'y a pas de "champs" industriels
  • Zones de présence naturelle

    • vallée de La Paz : présent sur les pentes arides autour de la ville
    • Vallées de Cochabamba : zones semi-désertiques.
    • Hautes vallées du Sud : entre Sucre et Potosí

 , depuis 1904, procède à une extraction sélective du principe actif de la feuille de coca, similairement à la méthode appliquée pour produire le café décaféiné tout en préservant les arômes. Quant à la cocaïne extraite à destination des laboratoires pharmaceutiques, elle se coordonne légalement. Ainsi Coca-Cola utilise toujours des feuilles de coca pour son arôme unique, mais elles sont apprêtées. 
  • Provenance historique et géographique:
    • Pérou => principal fournisseur actuel
    • Bolivie => + de 150 tonnes de feuilles/an pour Coca-Cola jusqu'en ce début de millénaire
La War on Drugs imposant une interdiction totale mettrait les États-Unis dans une position contradictoire qui forcerait le gouvernement américain à choisir entre sa politique de "guerre contre la drogue" et les intérêts de son champion industriel le plus célèbre. Plus qu'une faillite économique, une interdiction porterait atteinte à "l'authenticité" de la recette originale, qui est le socle de la valeur de la marque.


 

photo: eju TV (Bolivia)

photo: Nick Ballón

photo: Annie Schentag

photo:

photo: "Guardian" magazine

photo: robertimedium_com

photo: Nio Dezeen

photo: Nick Ballon

photo: Nio Dezeen

photo: Polisena / Dezeen

photo: Yuri Segalerba

photo: Yuri Segalerba

photo: Yuri Segalerba

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photo: Yuri Segalerba

etc...


 

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