"narco-centrisme"
le thème
-
En façade et en tout : une Représentation identitaire
(le style Néo-Andin)
En Bolivie, la mosaïque nationale de 11 millions de citoyens comprend pour une part de 32 % les communautés autochtones de la région des Andes.
Deux capitales, La Paz et Sucre, avec des fonctions bien distinctes, évoquent un état de droit adapté à la réalité.
Nota: la présence Quechua avoisine le centre historique de Sucre marqué par un héritage colonial espagnol très formel Nota: sur l'Altiplano andin (haut-plateau andin), la région de La Paz est le cœur historique et démographique du peuple Aymara |
le "bombin" : coiffe emblèmatique de la cholita (Aymara ou Quechua) ![]() Copilot (Microsoft) |
Freddy Mamani réalise des architectures relatant la cosmologie andine. L'inspiration créatrice charpente des constructions sur modèle de formes géométriques et couleurs vives relayant la culture Aymara par les siècles... On y retrouve des représentations stylisées du condor, du puma et du serpent, ainsi que des fleurs locales. Un stéréotype actualise la croix andine ancestrale comme décoration visualisant le for intérieur de l'âme.
Des preuves archéologiques attestent de centres de pèlerinage pour tout le monde andin, où les initiés venaient vivre des expériences visionnaires. Sur des stèles de pierre on voit des prêtres à l'office avec le cactus Echinopsis Pachanoi catalogué comme pourvoyeur de mescaline. Ainsi en plusieurs localisations, mais toujours dans les pays andins, une iconographie pose les jalons spatio-temporels d'une tradition associée au cactus psychédélique. Les archéologues ont mis à jour des reliefs de coupes en forme de cactus destinées à la consommation de breuvage sacré. Les céramiques à tête humaine, avec les yeux dilatés, évoquent l'effet de la mescaline.
une modernisation des codes visuels ancestraux
Freddy Mamani au top ! |
1. Le foyer de la "Torche Bolivienne"
Si le Pérou détient l'Echinopsis pachanoi (cactus San Pedro), la Bolivie est le sanctuaire de l'Echinopsis lageniformis (Huachuma) communément appelée la Torche Bolivienne.
-
Ce cactus se prévaut d'une réputation pour sa robustesse et une concentration en alcaloïdes (mescaline) souvent supérieure à celle du San Pedro classique.
-
Dans la hiérarchie botanique et rituelle, la Bolivie se place donc moins tel un "satellite" du Pérou qu'un centre autonome possédant sa propre espèce endémique de référence.
La Bolivie se distingue par un
métissage rituel entre le haut-plateau
aride et la forêt amazonienne tropicale
et luxuriante :
-
Tiwanaku : Ce site archéologique majeur sur l'Altiplano (lac Titicaca) témoigne d'un usage millénaire de substances psychoactives (cactus et poudres à priser comme la Vilca) déjà bien avant l'Empire Inca.
-
Influence amazonienne : Contrairement au nord du Chili qui est très désertique, la Bolivie possède une vaste région amazonienne (Beni, Pando). On y observe une interpénétration du rituel Ayahuasca originaire de la jungle tropicale
Contrairement au Pérou, qui exploite ses cérémonies à thème de cactus San Pedro comme attraction touristique, la Bolivie conserve une approche plus liée à la vie quotidienne et au syncrétisme :
- Officialisation
symbolique : Comme
mentionné précédemment, l'architecture
de Freddy Mamani à El Alto (avec plus
de 120 bâtiments à son actif, et
encore des dizaines disséminés...)
puise dans cet imaginaire visuel
"éclaté", mais il la réinvente pour
une classe moyenne urbaine, là où
d'autres pays le maintient souvent
dans un cadre purement chamanique ou
touristique.
-
Pharmacopée familiale et Paysanne : En médecine traditionnelle, le cactus est utilisé pour ses vertus antiseptiques, cicatrisantes et anti-inflammatoires.
- Usage
vétérinaire :
Antiparasitaire administré aux
animaux, ainsi que remède contre la
fièvre aphteuse.
|
En résumé: dans les Andes boliviennes, les représentations psychédéliques détournent l'attention vers l'identité ethnique magistralement affichée sur les façades des "cholets" modernes. La pratique d'une tradition, stricto sensu, implique la sphère intra-communautaire (pas d'exploitation "New Age" ou touristique). Le statut de la tradition peut varier d'un pays andin à l'autre. Le cactus, parfois fort structuré au tourisme, peut aussi se situer en retrait de la scène rituelle au crédit de la médecine naturelle. |
les rites andins (Aymara/Quechua) sont historiquement liés à la feuille de coca et au Huachuma
|
|
